La Puna Argentine, un autre monde

Volcan Antofalla, Province de Catamarca, Argentine

Paysages d’un autre monde, une immensité d’une beauté sauvage, aux couleurs intenses, un joyau isolé et méconnu, telle est la Puna Argentine.

Dunes de Tolar Grande, Province de Salta, Argentine

La Puna Argentine

L’Argentine s’étend sur 5 200 km du nord au sud et 1 400 km d’est en ouest.

C’est une république fédérale organisée en 23 provinces et une cité autonome, capitale fédérale, Buenos Aires.

Le pays est traditionnellement divisé en différentes régions majeures.

Pampas, Cuyo, Gran chaco, Mésopotamie Argentine, Patagonie.

Si la Terre de Feu, la Patagonie, la Pampa….évoquent immédiatement grands espaces et aventure, le NOA, le Nord Ouest Argentin n’est pas en reste. Cette région est constituée de la province de Jujuy, et d’une partie des provinces de Salta, de Tucuman et de Catamarca.

Au coeur du NOA se trouve la Puna, qui signifie en Quechua, zone d’altitude.

La Puna est une zone géographique de la Cordillère des Andes située entre 3 500 et 4 800 mètres d’altitude se distinguant par le caractère unique de sa géologie, de ses sols, de sa faune et flore etc. Elle s’étend du sud du Pérou en passant par le sud-ouest de la Bolivie, l’extrême nord de l’Argentine et du Chili. Elle est constituée d’innombrables volcans, de lagunes de Salars séparés par des Sierras (Chaines montagneuses).

Elle est encadrée à l’ouest par la Cordillère des Andes et à l’est par la Cordillère orientale qui se réunissent plus au sud pour former la Cordillère centrale.

Si la Puna Péruvienne est très arrosée, la Puna Argentine des provinces de Salta et de Catamarca est désertique et quasi inhabitée. Les amplitudes thermiques, l’hiver, sont très importantes avec des températures nocturnes très basses, jusqu’à moins 30°c.

CLIMAT SALTA
CLIMAT PUNA

La flore comprend des espèces résistantes au froid et (ou) à la sécheresse, notamment des cactus.  Les habitants y cultivent l’orge, la pomme de terre, le quinoa et la maca.

Parmi les animaux autochtones, les mammifères typiques sont le lama et  l’Alpaga tous deux des camélidés domestiqués  apparentés au guanaco pour le premier, à la vigogne pour le second qui sont eux des camélidés sauvages. Les oiseaux autochtones comprennent le Condor des Andes, l’Ouette des Andes, le Flamant des Andes…

Ici les volcans règnent en maître

Volcan Antofalla, Province de Catamarca, Argentine

Le volcan Antofalla est un stratovolcan actif.

Avec ses 6 437 mètres d’altitude, il est le troisième plus haut parmi les volcans actifs de la planète et le sixième plus haut parmi les volcans non éteints. C’est un puissant massif qui possède trois sommets alignés d’ouest en est sur une distance de plus ou moins trois kilomètres. Le sommet occidental, plus élevé et exposé aux vents humides venus du Pacifique est couvert d’une calotte de neige permanente. C’est le Nevado de Antofalla, haut de 6 437 mètres. Le sommet du centre culmine à 6 329 mètres  et celui de l’est 6 375 mètres.

L’Antofalla est au centre d’une vaste zone couverte de hauts volcans, tels le Conito de Antofalla, le Aguada, le Cerro Caieros, le Lila, le Peinado, le Galan ( stratovolcan actif mais en sommeil ayant la plus grande caldeira au monde) tous dépassant les 5 700 mètres.

On les compte par centaines, certains sont actifs d’autres éteints ou en sommeil…

Carte des sommets de plus de 6 000 m dans les Andes, Chili & Argentine

Le Llullaillaco 6 739 mètres  est le deuxième plus haut volcan actif au monde dans la  province de Salta, après l’Ojos del Salado 6 893 mètres  plus haut volcan du monde dans la province de Catamarca.

Le Monte Pissis (volcan éteint) culmine à 6 792 mètres d’altitude ce qui en fait le troisième plus haut sommet de la cordillère des Andes après l’Aconcagua (6 962 mètres ) surnommé le « colosse de l’Amérique, qui constitue le point culminant de l’Argentine et la plus haute montagne en dehors de l’Asie.

Fruit de cette activité volcanique, l’extraordinaire site de Campo Piedra Pomez qui ressemble à une mer de roche blanche aux crêtes roses, formé lors de l’éruption du volcan Blanco. Il est composé de pierres ponces sculpté par le vent sur une surface de 75000 hectares.

Campo Piedra Pomez, Province de Catamarca, Argentine

De magnifiques salars complètent ce décor d’un autre monde, tel celui de Antofalla, d’Arizaro, del Rio grande ou del Hombre Muerto.

Salar d'Arizaro, Province de Salta, Argentine

Enfin, dans le sud ouest de la Puna Argentine se dessine de somptueuses vallées et notamment la vallée Calchaquies. On peut y accéder depuis le nord par le col Abra del Acay (5 200 mètres) situé sur la fameuse route 40 ou bien encore par le Cuesta del Obispo depuis Salta par la route 33.

Cuesta del Obispo, Province de Salta, Argentine

La Pachamama

Sur le plan religieux je n’aborderai que le rituel de la Pachamama. En effet, il n’est pas rare de rencontrer au passage d’un col à plus de 4 500 mètres un petit autel avec des offrandes qui lui sont dédiées.

La Pachamama vient de la langue Quechua. Pacha peut se traduire par « monde »ou « terre », tandis que mama est l’équivalent de « mère ». C’est pourquoi on explique souvent que la Pachamama est la Terre Mère.

La Pachamama est une sorte de divinité. Elle représente la planète Terre et la vision du monde. Elle protège les gens et leur permet de vivre grâce à tout ce qu’elle fournit : eau, nourriture, etc. Les hommes doivent donc prendre soin de la Pachamama et lui rendre hommage.

Ce n’est pas une divinité créatrice, mais une divinité protectrice. Elle abrite les êtres humains, rend la vie possible et favorise la fécondité et la fertilité. Cependant, elle est également considérée comme un visage négatif. La Pachamama a souvent faim. Si elle n’est pas nourrie avec les offrandes ou si elle est offensée, cela provoque des maladies.

Un rituel lui est donc consacré: il varie en fonction des groupes ethniques et a également évolué au fil du temps. Dans l’Antiquité, des animaux (et surtout le fœtus de lama) étaient sacrifiés en son honneur. De nos jours, il est plus courant d’enterrer en offrande des cigarettes, des bouteilles de vin, des feuilles de coca et d’autres produits. L’objectif est de « divertir » la Pachamama afin qu’elle leur rende le geste avec de bonnes récoltes, des conditions météorologiques favorables, etc.

Le premier jour du mois d’août est connu comme étant le premier jour de sa représentation. Les cérémonies sont exécutées par des personnes âgées ou des personnes ayant une plus grande autorité morale.

Lors de cette cérémonie, les habitants creusent ensemble un trou, qu’ils assimilent à la « bouche de la terre ». Chaque participant dépose deux cigares  afin de purifier l’air et chasser les mauvais esprits grâce à la fumée, ainsi que de l’eau bénite dans le trou. Ensuite, chacun fait son offrande.

Offrandes à la Pachamama, altitude 4040m, Province de Catamarca, Argentine

Activité minière, agriculture, tourisme sont des sources de revenus pour les provinces de Catamarca et Salta.

Ainsi, Bajo de la Alumbrera est l’une des plus grandes mines d’or au monde. Elle produit environ « 300 000 onces troy d’or, 100 000 tonnes de cuivre et 960 tonnes de concentré de molybdène par an.

Le Salar del Hombre Muerto est quant à lui exploité pour le lithium qui est acheminé vers le chemin de fer reliant San Antonio de Los Cobres  au col frontière du Paso de Sico. Cette voie ferrée est la prolongation vers l’ouest du fameux train des nuages et continue au Chili vers le port d’ Antofagasta. Une fois arrivé dans cette ville, le minerai est embarqué à destination des Etats-unis, de l’Asie…

Mina La Casualidad et Mina Julia

On ne peut parler d’activité minière sans évoquer l’exploitation de soufre à la mina La Casualidad et mina Julia.

La mine Julia a été développée sur le versant sud-est du Cerro Estrella, à la frontière avec le Chili, à une altitude moyenne de 5 200 mètres. Le haut de la montagne est un énorme bloc de soufre ! Une fois le minerai extrait, il était transféré jusqu’à l’usine de raffinage à la mina La Casualidad mille deux cents mètres plus bas par un téléphérique, long d’une quinzaine de kilomètres, puis convoyé par camion jusqu’à la petite gare de Caipe.

Entre 1951 et 1979 deux mille travailleurs et leurs familles vivaient à la mina La Casualidad, aujourd’hui ville fantôme.

Mina la Casualidad, Province de Salta, Argentine
Soufre, Mina Julia, 5240m, Province de Salta, Argentine

Le train des nuages

Si l’économie de la province de Catamarca est la plus petite d’Argentine, celle de la Puna Argentine est extrêmement faible, y compris le tourisme.

Cependant, il y a quelques spots très touristiques tels la Quebrada de Humahuaca, Pumamarca ( province de Jujuy ) mais aussi le « Tren a las Nubes » le train des nuages. Il s’agit de la section C14 de l’ancien chemin de fer General Manuel Belgrano, devenue voie ferrée touristique.

Reliant à l’origine la ville de Salta au col frontière de Paso Socompa, sa construction commença en 1921 sous la direction de l’ingénieur nord américain Ricardo Fontaine Maury.

À cette époque travailla sur le chantier, en tant que contremaître un immigrant yougoslave du nom de Josip Broz,  futur Tito, président de Yougoslavie.

Aujourd’hui, le train des nuages part toujours de Salta pour rejoindre le viaduc La Polvorilla, 224 mètres de long pour 70 mètres de haut, situé à l’ouest de San Antonio de Los Cobres, avec des sections à plus de 4 000 mètres d’altitude.

Viaduc de la Polvorella, Province de Salta, Argentine
train des nuages

Merci pour votre lecture et si vous le souhaitez vous pouvez consulter l’album dédié à la Puna.

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